Quand la numérisation relie les générations

Les collaborateurs seniors améliorent leurs connaissances en matière de technologies numériques avec leurs collègues plus jeunes

Cinq faits montrent comment les rôles traditionnels, le comportement d’apprentissage et le transfert de savoir ont déjà été modifiés par la numérisation. Les personnes d’âge mûr exerçant une activité professionnelle en équipe apprennent ainsi à utiliser les moyens de communication en ligne avec leurs collègues plus jeunes. Plus spontanés dans l’utilisation des nouvelles technologies, ces derniers partagent aussi plus facilement leurs connaissances. Leur crédo? Seules les réflexions menées en réseau ont de l’avenir.

1. La force des séniors «numérisés»
80% de la population suisse utilisent internet et 56% des séniors à partir de 65 ans peuvent être qualifiés d’internautes. Pro Senectute a lancé une étude à ce sujet. Elle démontre que ces cinq dernières années, la part des séniors surfant régulièrement sur le web, communiquant par courriel ou discutant sur les réseaux sociaux a augmenté de 47%. Les générations plus âgées font leurs armes dans l’univers numérique et comblent leurs lacunes en faisant appel à leurs petits-enfants, enfants ou amis.

2. La force du savoir partagé
Depuis la nuit des temps, le savoir est transmis des plus âgés aux plus jeunes, par exemple sur le modèle de l’apprentissage: le maître accompagne ses disciples dans leurs premiers pas. Jusqu’à maintenant, être plus âgé était gage de sérieux et de compétence. Karin Möslein, de l’université d’Erlangen-Nuremberg, s’intéresse aux équipes mixtes composées de personnes d’âges différents. Dans ses recherches, elle montre comment les jeunes collaborateurs familiarisent leurs collègues plus âgés de manière ludique avec les moyens de communication et technologies modernes. La numérisation inverse le transfert de connaissances et crée des liens entre les générations.

3. La force des données partagées
Le Deloitte Analytics Institute a conduit une étude en collaboration avec les deux instituts allemands Fraunhofer et Hasso Plattner. Le but de ce travail était d’analyser le comportement en ligne des trois générations ayant un pied dans la vie active: la génération Y (15 à 30 ans), la génération X (31 à 45 ans) et celle des babyboomers (46 à 60 ans). Les générations X et Y sont les plus généreuses en matière de transfert de savoir-faire. Elles partagent plus facilement les données acquises et leur savoir que les babyboomers.

4. La force de l’ouverture
Le travail de réflexion dans les réseaux occupe un rôle dominant et s’inscrit comme un changement de paradigme dans le domaine du savoir. A l’avenir, les idées ne seront plus générées et gardées par un petit nombre de personnes. Le mouvement open source du net a déjà prouvé que le savoir ne devait pas être structuré sur un mode hiérarchique, mais qu’il avait besoin d’un cadre ouvert. Ce n’est donc pas un hasard si le mot d’ordre de la quatrième révolution industrielle est «vous serez ce que vous partagez, pas ce que vous récoltez».

5. La force du bonheur
650 000 européens (âgés de 18 à 34 ans) de 31 pays ont confirmé dans l’étude Campus actuelle que la numérisation faisait partie de leur réalité sociale. Plus de la moitié d’entre eux considère internet comme un facteur de bonheur personnel. Leur accès aux nouvelles technologies, empreint d’insouciance, devrait à l’avenir inciter davantage les babyboomers à se laisser gagner par la numérisation.


Le Dr. Franca Siegfried travaille depuis 16 ans comme journaliste et rédactrice «savoir» au sein du groupe Blick Ringier AG. Elle a fait des études de journalisme et de sociologie et a obtenu son doctorat en 2012 à l’université de Zurich. Franca Siegfried s’engage au Conseil suisse de la presse.
franca-siegfried.ch











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