N’écrivons-nous plus que pour Google?

Ou comment les moteurs de recherche modifient notre manière d’écrire et de lire

Alors qu’autrefois les répétitions de mots étaient bannies, elles sont quasiment devenues un «must» aujourd’hui. Un bon positionnement dans le classement des moteurs de recherche est devenu la priorité absolue pour un bon texte. Nous écrivons de manière optimisée pour le lecteur, intégrons un maximum de mots clés dans nos textes et ignorons allègrement toutes les règles de style. Qui ne va pas droit au but a perdu d’avance. Quelle influence cette nouvelle manière d’écrire a-t-elle sur notre comportement de lecteur? Existe-t-il encore une différence entre les textes écrits pour la presse imprimée et ceux rédigés pour Internet?


(Photo: unsplash.com/negativ-space)

Combien de fois avez-vous déjà googlé aujourd’hui? Le verbe googler est entré dans le langage courant depuis une dizaine d’année. A partir de ce moment, notre comportement a également changé en termes d’écriture et de lecture. Les rédacteurs savent qu’ils ont affaire à des lecteurs impatients, et ce aussi bien sur le papier qu’à l’écran. Depuis que nous pensons en mots clés et que nous cherchons des informations en une poignée de secondes grâce aux moteurs de recherche, notre manière d’aborder les textes est marquée par cette frénésie. Nous ne lisons que ce que nous cherchons. Qui ne parvient pas à capter l’attention de son lecteur en une seconde et demie sombre dans l’oubli. C’est une dure réalité: qui cherche des informations lit un texte imprimé avec des yeux habitués au numérique. Nous recherchons avant tout des affirmations percutantes, des mots clés. Les textes sont «scannés», survolés – tout l’article dans le meilleur des cas, mais souvent que des extraits.

Ce comportement ne correspond cependant pas au lecteur averti et curieux*. Celui-ci lit le journal en buvant son café le dimanche matin. Il veut être stimulé linguistiquement et est exigeant vis-à-vis du contenu de ce qu’il lit. Il est curieux, a soif de connaissances et lit chaque mot – voire même entre les lignes. Il n’a pas besoin de titres racoleurs pour poursuivre sa lecture. Ce qu’il attend d’un texte: des informations solides, une structure classique, comme il est d’usage dans les médias imprimés.


Conseils d’écriture pour satisfaire les lecteurs impatients

Même si Internet n’impose pas une longueur prédéfinie, le principe suivant s’applique: l’idée centrale, intéressante et qui attire l’attention doit figurer dans l’introduction. Tout l’art réside dans la séduction du lecteur dès les premières lignes. Les informations moins importantes peuvent être mentionnées à la fin. Les pronoms interrogatifs suivants sont toujours utiles pour la rédaction d’un texte: qui, quoi, quand, où, comment, pourquoi et à quelle fin? 


Les conseils d’écriture ci-après valent la peine d’être suivis:

  • Trouvez les mots clés que le lecteur utilisera pour chercher une information, et intégrez-les à votre texte, dans le titre si possible. 
  • Optez pour un style bref et concis, inspirez-vous du style des tweets. 
  • Evitez les mots de remplissage tels que donc, pourtant, mais, ainsi, en principe, etc. 
  • N’utilisez pas non plus de mots étrangers, la langue française est bien assez belle et riche. 
  • Privilégiez la forme active, le passif a l’effet d’un somnifère. 
  • Misez sur un style dynamique: vous devez convaincre, séduire, enchanter, emballer.


Bilan

Mis à part le lecteur averti mentionné ci-avant, Google a profondément modifié notre manière de lire et d’écrire.
Ceux qui écrivent veulent être trouvés. Et qui lit un texte veut trouver des informations, et vite.
Les rédacteurs et responsables de textes doivent faire preuve de créativité et de concision.
De plus, les médias sociaux font de nous tous des producteurs et auteurs de textes: nous évaluons, partageons, commentons.
Nous voulons participer à la discussion. Faites de votre texte un dialogue.


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#digitalmarketing 


Autorin

Monika Mingot, Mingot CommunicationMonika Mingot
Mingot Communications



*Conseil de lecture: le lecteur averti et curieux est également abordé dans le livre Text sells (livre en allemand).




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